Les différentes techniques de radiothérapie externe
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La radiothérapie externe regroupe plusieurs techniques. Toutes visent à diriger les rayons le plus précisément possible sur la zone à traiter, tout en épargnant au maximum les tissus sains. Les trois principales sont la radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité (RCMI), la radiothérapie conformationnelle 3D et la radiothérapie stéréotaxique. Les accélérateurs de particules intègrent un dispositif de contrôle par imagerie qui vérifie la position exacte de la zone à traiter d'une séance à l'autre : on parle de « radiothérapie guidée par l'image ».
À retenir
- La radiothérapie externe regroupe différentes techniques qui visent toutes à cibler précisément la zone à traiter et à épargner les tissus sains.
- La RCMI est la technique la plus utilisée. Elle fait varier la forme et l'intensité des rayons en cours de séance, ce qui convient aux tumeurs de forme complexe.
- La radiothérapie conformationnelle 3D adapte le volume irradié à celui de la tumeur et délivre une dose uniforme. Elle est généralement utilisée pour des volumes simples.
- La radiothérapie stéréotaxique irradie à haute dose de petits volumes, en moins de 10 séances en général.
- D'autres techniques de radiothérapie existent (ex : asservie à la respiration, adaptative, contacthérapie, protonthérapie). Certaines sont encore en cours d'évaluation ou réservées à des tumeurs spécifiques.
Les principales techniques de radiothérapie externe
La radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI)
La radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI) est la technique de radiothérapie externe la plus utilisée. Elle consiste à faire varier la forme et l’intensité des rayons en cours de séance en temps réel pour s’adapter précisément au volume de la tumeur. On peut ainsi délivrer la dose maximale sur des tumeurs de forme complexe, avec des concavités par exemple (arrondies vers l’intérieur), tout en protégeant au maximum les organes sains qui l'entourent.
La RCMI est notamment utilisée pour le traitement à visée curative des tumeurs de la prostate, du sein, du thorax, de l’abdomen, du pelvis, des cancers ORL et du cerveau. Deux de ses modalités les plus couramment utilisées sont la tomothérapie et l’arcthérapie.
La tomothérapie fonctionne comme un scanner en spirale : le faisceau tourne autour du patient tandis que la table de traitement avance progressivement. Cette technique permet de traiter des tumeurs très volumineuses ou de forme très complexe.
L'arcthérapie utilise un bras articulé qui tourne autour du corps pour délivrer des rayons, permettant de cibler avec précision des zones plus localisées.
La radiothérapie conformationnelle 3D
La technique de radiothérapie conformationnelle 3D permet de faire correspondre le plus précisément possible (de conformer) le volume sur lequel vont être dirigés les rayons, au volume de la tumeur.
Contrairement à la radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité, la radiothérapie conformationnelle 3D délivre une dose uniforme de rayons. Elle est généralement utilisée pour des volumes simples.
Elle utilise des images en 3D de la tumeur ou du lit tumoral et des organes avoisinants obtenues par scanner. Des logiciels permettent de simuler virtuellement en 3D la forme du rayonnement et la distribution des doses. Cela permet de délivrer des doses efficaces de rayons en limitant l’exposition des tissus sains.
La radiothérapie stéréotaxique
La radiothérapie stéréotaxique est une technique de haute précision qui permet d’irradier à haute dose de petits volumes grâce à un matériel spécifique. Elle est utilisée pour traiter certaines tumeurs cérébrales, pulmonaires, hépatiques, ganglionnaires ou prostatiques par exemple. Le nombre de séances est généralement limité à moins de 10. On parle aussi de radiochirurgie quand elle est délivrée en une seule séance.
Pour aller plus loin
Retrouvez plus d'informations sur la technique de radiothérapie pratiquée pour votre cancer dans notre rubrique Les cancers.
Les autres techniques de radiothérapie externe
La radiothérapie asservie à la respiration
Dans le cas de la radiothérapie asservie à la respiration, il s’agit de prendre en compte les mouvements de la respiration pendant l’irradiation du thorax ou du haut de l’abdomen par exemple. Il existe plusieurs solutions :
- demander au patient, qui visualise sa respiration sur un écran, de la bloquer pendant quelques dizaines de secondes, à un moment précis de son inspiration.
- laisser le patient respirer normalement et n’irradier la tumeur que lorsqu’elle se présente devant le faisceau d’irradiation (c’est qu’on appelle aussi le « gating », du mot « gate », c’est-à-dire porte en anglais).
- faire suivre les mouvements de la tumeur par le faisceau d’irradiation lui-même.On parle de « tracking ».
La radiothérapie adaptative
La radiothérapie adaptative est une technique qui permet de réadapter le volume de traitement et le calcul de la dose à l’anatomie au cours de chaque séance. Elle est réalisée grâce à des systèmes d’intelligence artificielle à partir d’images effectuées quotidiennement par l'appareil de radiothérapie : soit par TDM si c'est un accélérateur classique, soit par IRM sur une IRM-Linac.
La contactothérapie
La contactothérapie, appelé aussi contacthérapie ou radiothérapie de contact, utilise des rayons de faible énergie au contact direct de la zone à traiter. Elle est employée pour traiter des cancers de la peau ou du rectum par exemple.
La protonthérapie
Alors que la très grande majorité des appareils de radiothérapie produisent des faisceaux de photons ou d’électrons, cette technique utilise un faisceau de protons. Le recours à des protons permet de réduire la dose déposée dans les tissus traversés avant la tumeur, et de ne pas irradier les tissus situés derrière la tumeur. On les utilise pour traiter certaines tumeurs pédiatriques, ainsi que des tumeurs particulières de l’œil et de la base du crâne notamment. L’évaluation d’un autre type de particules, les ions carbone, est par ailleurs en cours.
Dans quels cas recourir à la ré-irradiation ?
Il est aujourd’hui parfois possible, grâce à la précision des appareils de radiothérapie, de traiter par une seconde série de rayons (ré-irradier) une zone du corps déjà irradiée. La ré-irradiation ou, seconde radiothérapie, nécessite de connaitre les caractéristiques précises de votre première radiothérapie, surtout si elle a été réalisée dans un autre établissement. Elle peut être utilisée dans le cas de récidive locale, si une tumeur réapparaît après un premier traitement, ou sur une nouvelle tumeur.
Questions fréquentes
Il s'agit de la radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité (RCMI). Elle fait varier la forme et l'intensité des rayons en temps réel pendant la séance. Elle permet de traiter des tumeurs de forme complexe tout en protégeant les organes sains voisins.
La radiothérapie conformationnelle 3D délivre une dose uniforme de rayons et s'utilise généralement pour des volumes simples. La RCMI module l'intensité des rayons et s'adapte aux tumeurs de forme complexe.
Le nombre de séances est généralement inférieur à 10. Lorsque le traitement est délivré en une seule séance, on parle de radiochirurgie.
Grâce à la précision des appareils, il est parfois possible de réirradier une zone déjà traitée, en cas de récidive locale ou de nouvelle tumeur. Cela nécessite de connaître les caractéristiques précises de la première radiothérapie, surtout si elle a eu lieu dans un autre établissement.
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Source principale : Comprendre la radiothérapie, collection Cancer info, INCa, novembre 2025.