EUnetCCC : construire le réseau européen des centres intégrés de lutte contre le cancer
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Coordonnée par l'Institut national du cancer, l'action conjointe EUnetCCC transforme une ambition du Plan européen pour vaincre le cancer en un réseau concret, durable et accessible à tous les pays.
Une ambition stratégique pour l'Europe
Le cancer est devenu trop complexe pour qu’un établissement ou un pays puisse le traiter durablement de manière isolée. L'excellence repose désormais sur la capacité à associer soins, recherche, prévention, données, innovation et formation, puis à organiser ces compétences à l'échelle d'un territoire et au-delà des frontières.
EUnetCCC (European Network of Comprehensive Cancer Centres) répond à ce défi. Lancée dans le cadre du programme EU4Health, cette action conjointe rassemble les autorités nationales, les centres de lutte contre le cancer et les principaux acteurs européens autour d'un objectif commun : permettre à chaque personne, quel que soit son lieu de résidence, d'accéder à une prise en charge de haut niveau adossée à la recherche et à l'innovation.
Le projet doit permettre de faire émerger environ 100 centres intégrés de lutte contre le cancer (Comprehensive Cancer Centres) reconnus au niveau européen d'ici 2028, avec au moins un EUCCC dans chaque pays. Il contribue ainsi à l'objectif du Plan européen pour vaincre le cancer (EBCP) : donner, à l'horizon 2030, à 90 % des patients un accès à ce type de centre ou à un réseau qui lui est rattaché.
Bien plus qu'un label
EUnetCCC ne consiste pas à juxtaposer des certifications nationales ou européennes. Le projet construit une infrastructure commune capable d'élever collectivement le niveau de la cancérologie en Europe. Il articule reconnaissance des centres, amélioration de la qualité, renforcement des capacités et coopérations concrètes dans les domaines où la mise en réseau apporte le plus de valeur.
Cette démarche poursuit deux finalités indissociables :
- réduire les inégalités entre territoires, afin que le lieu de résidence ne détermine plus l'accès aux meilleurs soins, à la recherche et à l'innovation ;
- constituer une communauté européenne durable de la cancérologie, capable de partager ses connaissances, de mutualiser certaines fonctions et de porter de nouveaux projets communs au-delà de la durée de l'action conjointe.
112 M€ | 31 pays | 234 organismes |
|---|---|---|
| de budget total dont 90M€ de contribution de l'Union européenne | engagés dans la construction du réseau | mobilisés dans neuf groupes de travail |
Du pilote à l'EUCCC : un parcours européen complet
La force d'EUnetCCC tient à l'articulation de plusieurs mécanismes complémentaires. Tous les centres ne partent pas du même point et le parcours n'est pas linéaire : chacun peut entrer danscette dynamique par la voie la plus adaptée à sa maturité, puis progresser vers une reconnaissance européenne complète.
1. Expérimenter à travers les pilotes
Les centres et réseaux pilotes testent le modèle européen dans des contextes nationaux variés. Ils permettent d'éprouver les standards, la coopération entre établissements et l'organisation territoriale d'un CCC ou d'un réseau de cancérologie.
2. Être désigné par l'État membre
La désignation est une décision portée par l'autorité nationale compétente. Elle identifie les centres ou consortiums qui répondent à la définition européenne d'un Comprehensive Cancer Centre et que le pays souhaite inscrire dans la trajectoire EUnetCCC. Elle organise ainsi le paysage national tout en garantissant une cohérence européenne.
3. Renforcer les capacités de chaque partenaire
Des actions de jumelage, d'échanges entre pairs, de formation et d'accompagnement permettent aux structures de consolider les fonctions encore insuffisamment développées : articulation soins-recherche, gouvernance, données, prévention, innovation, ressources humaines ou coopération territoriale.
4. Rejoindre la communauté et l'INA
Les structures engagées dans les voies reconnues par EUnetCCC peuvent rejoindre l'Interim Network Assembly (INA) en tant que membre. Cette assemblée leur donne un espace de représentation, de dialogue et de construction collective. Être membre atteste d'un engagement dans la dynamique du réseau mais ne constitue ni une désignation ni, à lui seul, une reconnaissance comme EUCCC.
5. Obtenir une certification délivrée par un organisme accrédité
La certification apporte l'évaluation indépendante de la qualité et de l'intégration effective des activités du centre. Le schéma de certification EUCCC s'appuiera sur des organismes de certification accrédités, afin de garantir une approche robuste, comparable et reconnue à l'échelle européenne. Les centres déjà certifiés selon certains dispositifs reconnus, notamment Organisation of European cancer (OECI) ou Deutsche Krebshilfe (DKH), peuvent également accéder à la reconnaissance EUCCC après leur désignation nationale, pendant la durée de validité de leur certification.
6. Coopérer sur les domaines clés
La reconnaissance n'est pas l'aboutissement du réseau mais le point de départ d'une coopération renforcée. Les EUCCCs ont vocation à développer ensemble des activités à forte valeur ajoutée : essais cliniques, données et numérique, recherche translationnelle, prévention, formation, qualité, parcours complexes, cancers rares ou pédiatriques et réduction des inégalités.
La reconnaissance EUCCC repose sur deux piliers : une désignation par l'État membre et une certification reconnue en cours de validité. L’adhésion à l'INA (membership) organise la communauté, mais ne se substitue à aucun de ces deux piliers.
La France pleinement engagée dans la montée en puissance du réseau
En octobre 2025, l'Institut national du cancer, en qualité d'autorité compétente française, a porté quatre candidatures dans la première vague de désignation européenne :
- les Groupes Hospitalo-Universitaires de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ;
- le Groupement de coopération sanitaire NOVA, réunissant les CHU de Bordeaux, Limoges et Poitiers ;
- le Groupement de coopération sanitaire HUGO, associant les CHU de Brest, Rennes, Angers, Nantes, Orléans et Tours ;
- le Groupement de coopération sanitaire HOURAA, regroupant les Hospices Civils de Lyon et les CHU de Clermont-Ferrand, Saint-Étienne et Grenoble.
Ces candidatures ont été examinées et validées au niveau européen par le Comité de désignation et d'admission (DAC). Elles font partie des 30 centres et consortiums reconnus lors de la première vague.
Une deuxième vague française en préparation
La dynamique française va désormais s'élargir. Plusieurs nouveaux centres et consortiums, représentatifs de la diversité de l'organisation de la cancérologie en France, sont prêts à rejoindre la deuxième vague de désignation européenne. Leur participation permettra de renforcer la couverture territoriale, de mieux articuler les fonctions hospitalières, universitaires et de recherche, et d'enrichir le réseau européen par des modèles de coopération complémentaires.
L'annonce des candidatures françaises retenues interviendra à l'issue du processus national et de leur examen européen. En parallèle, la représentation française au sein de l'INA sera renforcée : les structures engagées dans les différentes voies d'EUnetCCC pourront contribuer plus largement à la gouvernance intérimaire et aux travaux collectifs du réseau.
Prochaine étape : la certification d'ici 2028
La désignation ouvre une trajectoire ; elle ne clôt pas le processus. D'ici 2028, les centres français désignés sans certification reconnue, pourront s’engager dans un parcours de certification. Pour cela,ils auront la possibilité de s'appuyer sur les standards européens, les retours d'expérience des phases pilotes, les actions de renforcement des capacités et l'accompagnement organisé dans le cadre de l'action conjointe.
Cette progression graduelle - désignation, participation au réseau, amélioration continue et certification - doit permettre à la France de contribuer pleinement à l'objectif européen de 100 EUCCCs, tout en consolidant sur son territoire des organisations capables d'offrir à chaque patient le meilleur continuum possible entre prévention, soins, recherche et innovation.
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