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Tabac et cancer : au congrès de l’ALBATROS, l’Institut engage une réflexion sur les enseignements des politiques publiques de lutte contre le tabac et les priorités de recherche

Le tabac, premier facteur de risque évitable de cancer en France, reste un enjeu majeur de santé publique. À l’occasion du Congrès international d’addictologie de l’ALBATROS, l’Institut national du cancer (INCa) organisait une séance plénière consacrée aux politiques de lutte contre le tabac sur les 20 dernières années et les perspectives de recherche dans le champ du cancer. L’objectif : engager une réflexion avec les partenaires et chercheurs sur les enseignements de ces politiques et les priorités de recherche dans ce champ.

La 20e édition du Congrès international d’addictologie de l’ALBATROS s'est tenue du 9 au 11 juin 2026 à Paris. Présidée par le Pr Amine Benyamina, président de l’ALBATROS, cette édition anniversaire était placée sous le haut patronage du président de la République et organisée autour du fil conducteur : "Des preuves à l’impact : recherche, pratique, progrès".

Dans ce cadre, une plénière organisée en partenariat avec l’Institut national du cancer (INCa) a été consacrée à la question suivante : "20 ans de politiques de lutte contre le tabac : quelles perspectives de recherche dans le champ du cancer ?". Elle s'est tenue le mercredi 10 juin à 9h et a été modérée par Anne-Fleur Guillemin, responsable de projets au département recherche en sciences sociales et humaines, épidémiologie et santé publique de l’INCa.

La plénière a abordé ces enjeux à travers trois interventions complémentaires :

  • 20 ans de politiques de lutte contre le tabac en France : quels impacts et quels enjeux pour la recherche ? par Fadia Dib (Direction générale de la santé) ;
  • les inégalités sociales de santé dans le domaine du tabac, par Maria Melchior (INSERM) ;
  • les perspectives pour structurer, développer et faire progresser la recherche scientifique sur le tabac, par Carolyn Reyes-Guzman (National Cancer Institute – États-Unis).

Le Pr Norbert Ifrah, président de l’INCa, a co-présidé par ailleurs une plénière consacrée au traitement des troubles liés à l’alcool et au tabac, organisée le 9 juin dans le même cadre.

L’apport des sciences humaines et sociales dans la lutte contre le tabac

Le tabac demeure le premier facteur de risque de cancer en France : il est responsable de près de 68 000 nouveaux cas de cancers diagnostiqués chaque année. Il est également à l’origine de 75 000 décès par an, dont 45 000 par cancer. Au-delà de ces chiffres, l’enjeu est aussi de mieux comprendre ce qui favorise ou freine la prévention, l’arrêt du tabac et la réduction des inégalités sociales face au tabagisme.

C’est là l’un des apports des recherches en sciences humaines et sociales, en épidémiologie et en santé publique :

  • produire des connaissances utiles à l’action ;
  • mieux comprendre les déterminants sociaux et comportementaux du tabagisme ;
  • développer et évaluer les interventions de prévention ;
  • éclairer les politiques publiques.

L’Institut national du cancer soutient ces travaux, notamment à travers des appels à projets et à candidatures, ainsi que des subventions doctorales (avec l’IReSP) dans le cadre du Fonds de Lutte contre les addictions (FLCA), consacrés aux usages, comportements et addictions aux drogues, dont le tabac, l’alcool et le cannabis, facteurs de risque avérés de cancer.