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Les traitements possibles en fonction de l’étendue du mélanome

Chirurgie, traitements médicamenteux ou radiothérapie : plusieurs options existent pour traiter le mélanome, selon son stade et ses caractéristiques. L’objectif est d’enlever la tumeur, de prévenir les récidives ou de freiner les métastases. Le traitement proposé est personnalisé, décidé en concertation et guidé par les caractéristiques du cancer et l’état de santé du patient.

Les objectifs des traitements contre le mélanome

Plusieurs traitements peuvent être utilisés, seuls ou en combinaison, pour traiter le mélanome de la peau : la chirurgie, les traitements systémiques (médicaments) et la radiothérapie.

Le parcours-type d’un patient, selon l’épaisseur du mélanome, est le suivant :

  • consultation dermatologique avec ablation de la lésion puis confirmation du diagnostic et annonce du mélanome de la peau 
  • examens d’imagerie éventuels avant chirurgie 
  • reprise d’exérèse (ou reprise chirurgicale de sécurité), +/- exérèse du ganglion sentinelle 
  • décision de traitement complémentaire éventuel 
  • consultations dermatologiques régulières de suivi 
  • examens radiologiques réguliers éventuels pendant plusieurs années, la fréquence étant adaptée, au cas par cas.

Selon les cas, les objectifs du traitement sont de supprimer la tumeur, de réduire le risque de récidive, de supprimer et /ou ralentir le développement des métastases et de traiter les symptômes engendrés par la maladie.

La chirurgie sous anesthésie générale, les traitements systémiques et la radiothérapie sont réalisés au sein d’établissements qui sont autorisés à les pratiquer. 

Pour connaître les établissements de soins en cancérologie, consultez notre carte.

Le choix de vos traitements est adapté à votre cas personnel

Le choix de vos traitements est adapté à votre cas personnel et dépend des caractéristiques du mélanome dont vous êtes atteint : 

  • son type histologique (type de cellules impliquées) 
  • sa localisation sur le corps et son stade, c’est-à-dire son degré d’extension en profondeur dans la peau ou l’atteinte d’autres tissus 
  • son grade, c’est-à-dire son degré d’agressivité 

Ces caractéristiques sont déterminées grâce aux examens du bilan diagnostique.  

Votre âge, vos antécédents médicaux, votre état de santé global, les contre-indications éventuelles à certains traitements évaluées lors du bilan préthérapeutique ainsi que vos souhaits sont pris en compte lors du choix des traitements. 

Votre situation est discutée au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui rassemble au moins trois médecins de spécialités médicales différentes. En s’appuyant sur des outils d’aide à la décision appelés recommandations de bonnes pratiques, les médecins établissent une proposition de traitements. 

Plusieurs temps de consultations avec des professionnels de santé sont ensuite prévus pour vous accompagner lors de l’annonce de votre cancer et la mise en place de votre traitement. Ces temps sont définis par le dispositif d’annonce.

Soins de support et qualité de vie

Des soins oncologiques de support vous sont proposés pour maintenir votre qualité de vie pendant et après les traitements.

Ils comprennent notamment la gestion des effets indésirables de la maladie et des traitements, un accompagnement psychologique et l'aide dans vos démarches administratives et financières.

Evaluer l’étendue du cancer

Pour évaluer le stade de votre mélanome, les médecins prennent notamment en compte plusieurs critères :

  • Les caractéristiques de la tumeur primitive :

- Son épaisseur : l’épaisseur maximale du mélanome est mesurée au microscope et indiquée en millimètres. Cette information, appelée indice de Breslow, est le principal facteur de pronostique des mélanomes. Il donne une indication du degré d’extension de la maladie dans les couches de la peau, au moment du diagnostic. 

- Son ulcération : l’ulcération en surface du mélanome est une destruction de l’épiderme qui est visible au microscope, mais aussi parfois, à l’œil nu, lorsque le mélanome saigne par exemple

- Le nombre de mitoses au mm² : le processus de division d’une cellule en deux nouvelles cellules est appelé mitose. Le nombre de mitoses donne une indication de la vitesse à laquelle les cellules cancéreuses se divisent. Grâce au microscope, l'anatomopathologiste dénombre les cellules en division sur une surface d’un millimètre carré.

Ces 3 caractéristiques sont des facteurs pronostiques, c’est-à-dire qu’ils donnent une indication sur l’évolution possible de la maladie.

  • L’atteinte ou non des ganglions lymphatiques et la présence ou non de métastases en transit

Des cellules cancéreuses peuvent s’échapper du mélanome primitif et se disséminer dans les ganglions lymphatiques, situés à proximité de l’endroit où le mélanome est apparu. Elles peuvent aussi former de nouvelles tumeurs cutanées ou sous cutanées (appelées métastases en transit) dans  les vaisseaux lymphatiques, entre le mélanome primitif et les ganglions lymphatiques proches.

  • La présence ou non de métastases dans d’autres parties du corps

Les cellules cancéreuses peuvent envahir d’autres organes situés à distance et y développer des métastases. Les organes les plus souvent touchés sont le poumon, la peau, le foie et le cerveau.

En cas d'évolution métastatique du mélanome, un dosage de LDH (lactate déshydrogénase), une enzyme présente dans le dans le sang et dans de nombreux tissus, peut également fournir des renseignements sur le pronostic du mélanome. 

Les possibilités de traitements en fonction de l’étendue du cancer 

En fonction du stade du mélanome, il existe plusieurs possibilités de traitements.

Mélanome localisé 

La chirurgie est le traitement de référence pour les mélanome localisés (stades I et II). Elle consiste à retirer la lésion dans sa totalité. En fonction de l’épaisseur de la lésion, une deuxième opération, appelée reprise d’exérèse, peut être programmée afin de s’assurer que toutes les cellules cancéreuses ont bien été retirées.

Dans certains cas, le ganglion sentinelle est également prélevé.

Pour les mélanomes de stade II dont l’épaisseur est supérieure à 1,5 millimètre ou les mélanomes ulcérés (destruction de l'épiderme visible), un curage ganglionnaire peut être réalisé.

Une immunothérapie par anti-PD1 peut être proposée en complément de la chirurgie pour réduire le risque de récidive. 

Mélanome avec métastases locorégionales cutanées ou ganglionnaires 

La chirurgie est également le traitement de référence pour les mélanomes avec métastases locorégionales cutanées ou ganglionnaires (stade III). Selon les cas, le ganglion sentinelle est également prélevé. Un curage ganglionnaire peut aussi être réalisé pour retirer les ganglions situés à proximité de la tumeur.

En cas de métastases cutanées ou ganglionnaires confirmées par une biopsie, un traitement chirurgical sera discuté.

Un traitement médicamenteux systémique complémentaire (bithérapie ciblée ou immunothérapie) peut être associé à la chirurgie pendant 1 an.

Pour certains patients à haut risque de récidive ganglionnaire après un curage, une radiothérapie externe peut également être utilisée comme traitement complémentaire à la chirurgie et/ou aux traitements médicamenteux.

Mélanome avec métastases à distance et mélanome de stade III inopérable :

La chirurgie consiste à retirer la lésion dans sa totalité pour les mélanomes de stade IV opérables, avec possible reprise d’exérèse en fonction de l’épaisseur de la lésion.

Pour les mélanomes de stade IV et de stade III inopérables, des traitements systémiques sont proposés (immunothérapie ou biothérapie ciblée). 

La radiothérapie peut également être proposée pour traiter certains cas de métastases.

Participer à un essai clinique

L’équipe médicale peut vous proposer de participer à un essai clinique. Les essais cliniques sont des études scientifiques menées avec la participation de patients. Cela ne peut être fait qu’après votre information et votre accord écrit.

Les mélanomes de la peau font l’objet de nombreuses études qui visent notamment à :

  • identifier des altérations moléculaires au niveau des gènes des cellules cancéreuses et proposer aux patients les thérapies ciblées les plus adaptées 
  • tester de nouveaux traitements médicamenteux systémiques (notamment des médicaments d’immunothérapie ou de thérapie ciblée) 
  • évaluer différentes façons d’utiliser les traitements existants en mettant en place de nouvelles combinaisons de molécules. Ces nouvelles stratégies thérapeutiques ont notamment pour but d’améliorer l’efficacité des traitements et de réduire leurs effets indésirables.

Chaque essai clinique a un objectif précis. Pour y participer, les patients doivent répondre à un certain nombre de critères, appelés critères d’inclusion, spécifiques à chaque essai et fixés dans le protocole de l’essai. C’est le médecin qui vérifie la possibilité que vous puissiez participer ou non.

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